Se séparer de son conjoint est une étape difficile, souvent chargée d’émotions et d’incertitudes. L’une des premières questions qui se pose est : quel type de divorce correspond à ma situation ? En France, la loi prévoit quatre formes de divorce distinctes, chacune avec ses propres conditions, sa durée et ses conséquences. Comprendre les différents types de divorce vous permettra d’aborder cette procédure avec plus de sérénité et de faire les choix les plus adaptés à votre situation.
Les quatre types de divorce reconnus par la loi française
Depuis la réforme du droit de la famille et, plus récemment, la loi du 18 novembre 2016 dite « loi Macron » entrée en vigueur en 2017, le droit français organise le divorce autour de quatre procédures codifiées aux articles 229 et suivants du Code civil. On distingue d’un côté le divorce non contentieux, fondé sur l’accord des époux, et de l’autre les divorces contentieux, prononcés par un juge en l’absence d’accord total.
Voici les quatre types de divorce reconnus :
- Le divorce par consentement mutuel
- Le divorce accepté (sur acceptation du principe de la rupture)
- Le divorce pour altération définitive du lien conjugal
- Le divorce pour faute
1. Le divorce par consentement mutuel : la voie amiable
C’est la procédure la plus rapide et la moins conflictuelle. Elle suppose que les deux époux s’accordent non seulement sur le principe du divorce, mais aussi sur l’ensemble de ses conséquences : partage des biens, résidence des enfants, pension alimentaire, prestation compensatoire éventuelle.
Comment se déroule cette procédure depuis 2017 ?
Depuis la réforme de 2017, le divorce par consentement mutuel se déroule, dans la grande majorité des cas, sans passer devant un juge. Les deux époux, chacun assisté de son propre avocat, rédigent une convention de divorce. Ce document, une fois signé par les deux parties et leurs avocats, est déposé chez un notaire qui lui confère force exécutoire.
Il existe toutefois une exception importante : si l’un des enfants mineurs demande à être entendu par le juge, la procédure devra se dérouler devant le juge aux affaires familiales (JAF).
Avantages et points d’attention
- Délai : entre 1 et 3 mois en général
- Coût : généralement le moins élevé des quatre types de divorce
- Condition essentielle : un accord complet et sincère sur toutes les conséquences du divorce
Attention : la rapidité de cette procédure ne doit pas conduire à signer précipitamment une convention déséquilibrée. Chaque époux doit disposer de son propre avocat, ce qui constitue une garantie fondamentale.
2. Le divorce accepté : l’accord sur le principe, mais pas sur les conséquences
Le divorce sur acceptation du principe de la rupture, prévu à l’article 233 du Code civil, correspond à une situation intermédiaire : les deux époux s’accordent sur le fait de divorcer, mais ne parviennent pas à s’entendre sur toutes les conséquences.
Qui peut y recourir ?
Cette procédure est ouverte dès lors que les deux conjoints reconnaissent vouloir mettre fin au mariage, sans avoir à invoquer de faute ni de séparation préalable. C’est le juge aux affaires familiales qui tranchera les points de désaccord : garde des enfants, pension alimentaire, prestation compensatoire, partage des biens.
Différence avec le divorce par consentement mutuel
La confusion entre ces deux procédures est fréquente. La distinction est simple : dans le consentement mutuel, tout est réglé entre les parties. Dans le divorce accepté, seul le principe de la rupture fait l’objet d’un accord, et le juge intervient pour régler ce que les époux ne peuvent pas décider ensemble.
Cette forme de divorce est souvent choisie lorsque la relation entre les époux est apaisée sur le fond (ils veulent tous les deux divorcer) mais que des désaccords subsistent sur des questions patrimoniales ou parentales.
3. Le divorce pour altération définitive du lien conjugal
Prévu à l’article 237 du Code civil, ce type de divorce permet à l’un des époux d’obtenir le divorce sans le consentement de l’autre et sans avoir à prouver une faute. Il repose sur un critère objectif : la cessation de la communauté de vie depuis au moins un an au moment de la demande en divorce.
Conditions à remplir
- Les époux doivent vivre séparément depuis au moins un an (délai réduit de deux à un an par la loi du 23 mars 2019)
- La séparation peut être physique, mais doit être effective et réelle
Cette procédure est adaptée aux situations où l’un des conjoints refuse le divorce mais où la vie commune a cessé depuis longtemps. Elle permet à celui qui souhaite divorcer de le faire de manière unilatérale, sans attendre l’accord de l’autre.
Points d’attention
L’époux qui subit le divorce peut demander une prestation compensatoire si le divorce crée une disparité significative dans les conditions de vie des parties. Cette question mérite une attention particulière, notamment lorsque l’un des conjoints a sacrifié sa carrière au profit de la vie familiale.
4. Le divorce pour faute : la procédure la plus conflictuelle
Le divorce pour faute, régi par l’article 242 du Code civil, est prononcé lorsque l’un des époux a commis une violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage, rendant intolérable le maintien de la vie commune.
Quelles fautes peuvent être invoquées ?
Les fautes les plus fréquemment retenues par les juridictions sont :
- L’adultère
- Les violences physiques ou psychologiques
- L’abandon du domicile conjugal
- Les injures et humiliations répétées
- Le non-respect des obligations financières envers la famille
Comment prouver la faute ?
La preuve de la faute est libre en droit français, mais elle doit être licite. Les éléments suivants peuvent être produits :
- Témoignages écrits (attestations conformes aux exigences légales)
- Échanges de messages (SMS, emails)
- Constats d’huissier, désormais appelés commissaires de justice
- Extraits de réseaux sociaux
Il est essentiel de constituer ce dossier avec l’aide d’un avocat, car certains modes de preuve obtenus de manière déloyale peuvent être écartés par le juge.
Conséquences spécifiques du divorce pour faute
Lorsque le divorce pour faute est prononcé aux torts exclusifs d’un époux, cela peut avoir des conséquences sur la prestation compensatoire. En principe, l’époux reconnu seul responsable peut se voir refuser toute prestation compensatoire, sauf si le refus de toute prestation serait manifestement contraire à l’équité.
Quel type de divorce choisir selon ma situation ?
Choisir entre les différents types de divorce n’est pas une décision à prendre à la légère. Quelques questions peuvent vous guider :
Mon conjoint est-il d’accord pour divorcer et sur toutes les conséquences ?
Si oui, le divorce par consentement mutuel est la solution la plus rapide et la moins coûteuse.
Mon conjoint veut divorcer mais nous ne nous entendons pas sur les enfants ou les biens ?
Le divorce accepté permet de saisir le juge uniquement sur les points litigieux.
Mon conjoint refuse de divorcer et nous vivons séparément depuis plus d’un an ?
Le divorce pour altération définitive du lien conjugal vous permet d’agir seul.
Mon conjoint a commis des fautes graves pendant le mariage ?
Le divorce pour faute peut être envisagé, mais nécessite une preuve solide et s’accompagne souvent d’une procédure longue et conflictuelle.
Il peut également arriver que la stratégie évolue en cours de procédure. Un époux peut parfois changer de fondement ou adopter une demande reconventionnelle sur un fondement différent. C’est pourquoi il est fortement recommandé de définir la stratégie avec son avocat dès le début.
Le rôle de l’avocat dans chaque type de divorce
Quel que soit le type de divorce envisagé, le recours à un avocat est obligatoire en France. Mais au-delà de cette obligation légale, l’avocat joue un rôle stratégique essentiel : il analyse votre situation, vous conseille sur la procédure la mieux adaptée, négocie les termes de la séparation et défend vos intérêts devant le juge si nécessaire.
Dans le cadre du divorce par consentement mutuel, chaque époux doit avoir son propre avocat. Cette règle existe pour protéger les deux parties et garantir que la convention est équilibrée.
En matière de coûts, il est possible, sous conditions de ressources, de bénéficier de l’aide juridictionnelle pour financer les honoraires d’avocat dans les procédures contentieuses.
Ce que les époux oublient souvent : les conséquences patrimoniales
Le choix entre les différents types de divorce a également une incidence sur le règlement du régime matrimonial. Qu’il s’agisse d’une communauté réduite aux acquêts, d’une séparation de biens ou d’une participation aux acquêts, la liquidation du régime matrimonial devra être réalisée, le plus souvent avec l’intervention d’un notaire.
Cette étape peut considérablement allonger les délais et alourdir les coûts, indépendamment du type de divorce retenu. Il est important d’y réfléchir en amont, surtout lorsque le patrimoine commun est important ou complexe.
Conclusion : bien choisir son type de divorce, une décision fondamentale
Les différents types de divorce prévus par le droit français répondent à des situations très variées. Du divorce par consentement mutuel, rapide et apaisé, au divorce pour faute, plus long et conflictuel, chaque procédure a ses propres exigences et ses propres effets. Prendre le temps de comprendre ces distinctions vous permettra d’aborder votre divorce de manière plus éclairée et de protéger au mieux vos intérêts, ainsi que ceux de vos enfants.
Si vous hésitez entre plusieurs procédures ou si votre situation est complexe, l’accompagnement d’un avocat spécialisé en droit de la famille est indispensable pour faire le choix le plus adapté.
Questions fréquentes sur les types de divorce
Peut-on divorcer sans l’accord de son conjoint ?
Oui. Le divorce pour altération définitive du lien conjugal et le divorce pour faute permettent à l’un des époux d’initier et d’obtenir le divorce sans que l’autre ait à donner son accord. La séparation de fait depuis au moins un an suffit dans le premier cas.
Peut-on changer de type de divorce en cours de procédure ?
Oui, sous certaines conditions. Un époux peut modifier le fondement de sa demande ou introduire une demande reconventionnelle sur un autre fondement. C’est une question stratégique qui doit être discutée avec son avocat.
Quelle est la différence entre le divorce accepté et le divorce par consentement mutuel ?
Dans le consentement mutuel, les époux s’accordent sur tout (le principe et les conséquences). Dans le divorce accepté, ils s’accordent uniquement sur le principe de la rupture, et c’est le juge qui tranche les désaccords sur les conséquences.
Le type de divorce influence-t-il la garde des enfants ?
Le type de divorce n’influence pas directement la garde des enfants, qui est toujours décidée dans l’intérêt de l’enfant. Toutefois, un divorce pour faute aux torts exclusifs d’un parent peut, dans certains cas, avoir une incidence sur l’appréciation du juge concernant les modalités de garde.
Vous avez des questions sur votre situation personnelle ou vous souhaitez savoir quel type de divorce correspond le mieux à votre cas ? Notre cabinet, spécialisé en droit de la famille à Paris, est disponible pour vous recevoir en consultation afin d’examiner votre dossier avec vous.








